L’euthanasie au Burundi traditionnel, une pratique remise en question mais qui ne manque pas d’analogies.

Dans ces derniers jours, des débats deviennent divergents sur la question de l’euthanasie. On se demande s’il est bon ou non de la conférer aux patients.

C’est quoi au juste l’euthanasie ?

Etymologiquement parlant, le mot euthanasie vient d’une combinaison de deux mots grecs « (eu)» qui signifie « bien » et «( thanatos ) » qui signifie mort. L’euthanasie signifie donc littéralement une bonne mort, une mort douce et sans souffrance. Si la pratique de l’euthanasie existait avant, elle ne s’appelait pas ainsi. Le mot fut inventé au XVIe siècle par le  philosophe anglais Francis Bacon (1561-1626) qui, parlant de la mission du médecin, proposait d’exterminer les malades en agonie lorsqu’il n’y a plus d’espérance de guérir. Il s’agit donc d’un acte de provoquer la mort d’un patient qui le demande ou pour qui on le demande par souci  de mettre fin aux douleurs intenses et atroces ressenties.

L’histoire nous apprend  que cette pratique fut utilisée par des politiques perverses afin d’éliminer des groupements des gens dits indésirables (les handicapés, les débiles, les aliénés, races…). Est-il bon de pratiquer l’euthanasie quel que soit l’état et la condition du patient ? Pour les uns oui pour les autres-non ! Le débat reste ouvert.

Le cas du Burundi traditionnel

Loin d’apporter une clause finale, tournons-nous dans nos traditions en tant que Burundais et voyons si une telle pratique existait ou non. Le Burundi  monarchique ne connaissait vraiment pas une telle pratique. Admettons. Pourtant certains actes visant à achever des personnes en agonie s’observaient. Peut-on parler de l’euthanasie ? Chers compatriotes, tranchons ensemble.

Ainsi par exemple, selon F.Rodegem, lorsqu’un notable investi agonisait trop longtemps, on lui mettait dans la main le bâton « Intahe », insigne de son pouvoir, pour hâter la mort. S’il s’agissait d’une femme âgée initiée au  «Kubandwa » on lui mettait dans les mains des feuilles de Ficus et d’Erythrine (Umumândá). De cette manière ce n’était que la mort qui s’en suivait.

Pouvons-nous parler d’une euthanasie au sens propre du mot ?  Que vous ensemble ?

Par Clovis Niyonkuru.

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